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Fiche produit CBD : ce que vous pouvez écrire, ce qui est interdit (2026)

6 septembre 202611 minPar Alexis Ferreira
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0,3 %

Taux de THC maximal d'une fleur ou d'un extrait de chanvre commercialisable en France

Source : Arrêté du 30 décembre 2021

0 allégation

Nombre d'allégations de santé autorisées pour le CBD par l'EFSA au titre du règlement (CE) 1924/2006

Source : Registre européen des allégations

L5111-1

Article du Code de la santé publique qui définit le médicament « par présentation » : une allégation thérapeutique suffit

Source : Code de la santé publique

Une fiche produit CBD ne peut promettre aucun effet sur la santé — ni sommeil, ni stress, ni douleur, ni « relaxation ». Elle doit en revanche afficher le taux de CBD et de THC (≤ 0,3 %), rendre le certificat d'analyse accessible et, pour un cosmétique, respecter l'étiquetage du règlement 1223/2009. Le reste de cet article dit quoi écrire à la place, catégorie par catégorie, avec les phrases réécrites.

« La fiche produit est l'endroit où une boutique CBD se fait attraper. Pas le catalogue, pas le paiement : le texte. Un vendeur sérieux qui écrit « aide à dormir » sur une huile topique a transformé un cosmétique en médicament sans s'en rendre compte. » Alexis Ferreira — Fondateur de Vistise

La règle qui gouverne tout : le médicament par présentation

L'article L5111-1 du Code de la santé publique définit le médicament de deux façons. Par fonction — le produit agit sur l'organisme — et par présentation : le produit est présenté comme ayant des propriétés curatives ou préventives. C'est la seconde définition qui piège les boutiques CBD. Le juge ne regarde pas ce que contient votre flacon ; il regarde ce que vous en dites. « Soulage les douleurs articulaires » sur une huile de massage fait de cette huile un médicament, vendu sans autorisation, par quelqu'un qui n'est pas pharmacien.

À cette qualification s'ajoute le droit de la consommation : une promesse d'effet non démontrée est une pratique commerciale trompeuse (article L121-2 du Code de la consommation). Et pour les effets sur la santé en particulier, le règlement européen (CE) 1924/2006 réserve les allégations de santé à celles qu'a validées l'EFSA. Pour le CBD, il n'y en a aucune. Pas une seule. Il n'existe donc pas de formulation « autorisée » d'un bénéfice santé : il existe seulement des formulations qui ne sont pas encore contrôlées.

Ce qui reste vendable, et ce que chaque catégorie peut dire

Depuis le 15 mai 2026, les produits CBD à ingérer sont interdits à la vente en France (le détail ici). Restent quatre catégories, et chacune obéit à un texte différent.

Fleurs et résines

Le cadre : variété de chanvre autorisée, taux de THC inférieur ou égal à 0,3 % (arrêté du 30 décembre 2021), et aucun mode de consommation prescrit. « À infuser » est devenu illégal le 15 mai 2026 — les infusions de sommités florales sont des denrées interdites. « À fumer » vous place sous le régime des produits à fumer et de l'interdiction de publicité qui va avec. La pratique du marché est de décrire sans prescrire : variété, méthode de culture (indoor, greenhouse, outdoor), taux de CBD et de THC, arômes, origine, conditionnement.

Ce que la fiche doit rendre accessible : le certificat d'analyse (COA) du lot, daté, d'un laboratoire indépendant, avec le taux de THC lisible. Un lien « Voir l'analyse du lot » sur chaque fiche est ce que les contrôleurs cherchent en premier.

E-liquides

Un e-liquide au CBD sans nicotine échappe à la directive « produits du tabac » mais pas au Code de la santé publique : l'article L3513-4 interdit la publicité pour les produits du vapotage, avec des exceptions étroites. Les fiches produit de votre propre boutique sont de l'information commerciale nécessaire à la vente — c'est la lecture dominante — mais une bannière « -30 % sur les e-liquides » en page d'accueil, une newsletter promotionnelle ou un post sponsorisé sortent de cette exception. Sur la fiche elle-même : composition (PG/VG, arômes, concentration en CBD en mg), matériel compatible, absence de nicotine, et rien sur ce que le produit « fait ». Jamais « aide à arrêter de fumer » : c'est une allégation thérapeutique, et une revendication de sevrage tabagique en fait un médicament.

Cosmétiques (baumes, crèmes, huiles de massage)

C'est la catégorie la plus encadrée et, paradoxalement, celle qui vous laisse le plus de vocabulaire. Le règlement (CE) 1223/2009 impose la liste INCI, le poids ou volume, la durée d'utilisation après ouverture ou la date de durabilité, les précautions d'emploi, le numéro de lot, le pays d'origine et l'identité du responsable de la mise sur le marché — celui qui a notifié le produit sur le portail européen CPNP. Un cosmétique CBD sans responsable identifié n'est pas conforme, quelle que soit sa fiche.

Sur les allégations, le règlement (UE) 655/2013 fixe six critères communs : conformité légale, véracité, preuves, honnêteté, équité, choix en connaissance de cause. Concrètement : « hydrate », « apaise la peau », « nourrit », « sensation de fraîcheur » décrivent un effet cosmétique et sont défendables si vous pouvez les justifier. « Anti-inflammatoire », « anti-douleur », « traite l'eczéma » ou « cicatrisant » décrivent un effet thérapeutique et sont interdits. La frontière est la peau : ce qui s'arrête à la surface est cosmétique, ce qui prétend agir en dessous est médicament.

Huiles à usage topique

Ce sont des cosmétiques, et elles doivent le dire sans ambiguïté : mode d'emploi cutané explicite (« appliquer sur la peau, masser »), jamais « gouttes », jamais « sous la langue », jamais de posologie. Une huile « topique » dont la fiche conserve un compte-gouttes en photo, une mention « 10 mg par goutte » et un tableau de dosage est une huile sublinguale déguisée — et les contrôleurs de la DGAL ont explicitement annoncé regarder la présentation, pas seulement l'étiquette.

Les mentions que les contrôleurs attendent, toutes catégories

Mention Statut
Taux de CBD et de THC, THC ≤ 0,3 % Attendue partout Fiche + étiquette
Certificat d'analyse du lot, accessible Attendue partout Lien sur la fiche
Origine et variété Attendue (fleurs, résines) Fiche
Liste INCI, PAO ou DLU, responsable de mise sur le marché Obligatoire (cosmétiques) Étiquette + fiche
Composition, concentration en mg, absence de nicotine Attendue (e-liquides) Fiche
Déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes et aux mineurs, tenir hors de portée des enfants Usage de place, non codifié Fiche + pied de page
Vérification de l'âge à l'entrée ou au paiement Attendue par les PSP et les plateformes Site
Prix TTC, quantité, identité du vendeur, droit de rétractation Obligatoire (Code de la consommation) Fiche + CGV

Réécrire : vingt phrases, avant et après

La méthode : remplacer chaque promesse d'effet par un fait vérifiable sur le produit. Un fait se prouve avec une analyse ou une photo ; un effet ne se prouve avec rien.

Interdit Pourquoi À la place
« Aide à mieux dormir » Allégation de santé, aucune autorisée pour le CBD « Arômes terreux et boisés, à utiliser en soirée » (fleur) — ou rien
« Réduit le stress et l'anxiété » Idem « Variété Harlequin, 8 % de CBD, culture indoor »
« Peut contribuer à la relaxation » Allégation déguisée, traitée comme la précédente Description sensorielle : arômes, texture, origine
« Soulage les douleurs » (baume) Effet thérapeutique sur un cosmétique « Texture riche, à masser sur la peau après l'effort »
« Anti-inflammatoire naturel » Idem « Formulé avec de l'arnica et du CBD, sans parfum ajouté »
« Traite l'eczéma, le psoriasis » Médicament par présentation « Convient aux peaux sèches » si prouvé, sinon rien
« Aide à arrêter de fumer » (e-liquide) Revendication de sevrage = médicament « Sans nicotine, 300 mg de CBD, arôme mangue »
« 10 mg par goutte, 3 gouttes matin et soir » (huile topique) Posologie = présentation orale « Quelques gouttes dans la paume, masser la zone »
« Certifié par nos clients : efficace contre les migraines » Témoignage repris = allégation du vendeur Avis non sélectionnés, sans mention d'effet
« Testé en laboratoire pour son efficacité » Suggère une preuve d'effet « Analysé en laboratoire : THC < 0,3 %, voir le COA »
« Bio » sans certification Pratique trompeuse « Cultivé sans pesticides » si vous pouvez le prouver, sinon rien
« Sans effet secondaire » Allégation de santé négative, tout aussi interdite Rien
« Recommandé par des professionnels de santé » Interdit sans nommer la source et sa légitimité Rien
« Le CBD est reconnu par l'OMS » Détournement d'un rapport, jugé trompeur Rien
« Alternative naturelle aux médicaments » Positionnement thérapeutique Rien
« Effet immédiat » Effet « Texture non grasse, pénètre rapidement » (cosmétique)
« Convient aux enfants » Contraire à l'usage de place « Déconseillé aux mineurs »
« À infuser 5 minutes » (fleur) Denrée interdite depuis le 15/05/2026 Supprimer
« Pour fumer ou vaporiser » (fleur) Régime des produits à fumer Ne pas prescrire de mode de consommation
« Le meilleur CBD de France » Superlatif invérifiable « Sélectionné parmi 40 producteurs, analyses publiées »

Ce qui reste, une fois tout enlevé, c'est une fiche qui parle du produit : d'où il vient, ce qu'il contient, ce qu'il sent, comment il se présente. C'est moins vendeur qu'une promesse. C'est aussi ce qui distingue, aux yeux d'un client informé, une boutique qui restera ouverte d'une boutique qui ne le restera pas.

Les avis clients : votre angle mort

Un avis client contenant une allégation de santé ne pose pas de problème tant qu'il reste un avis parmi d'autres. Il en pose un dès que vous le sélectionnez : mis en avant sur la fiche, cité dans une newsletter, épinglé en tête. Le témoignage devient votre communication, et l'allégation devient la vôtre. Deux solutions tiennent : modérer les avis qui décrivent un effet sur la santé avant publication, ou afficher tous les avis sans sélection avec une mention qu'ils n'engagent que leur auteur. La seconde protège moins bien, parce qu'un bloc « Avis vérifiés » avec cinq témoignages sur le sommeil reste, aux yeux d'un contrôleur, une page qui vend du sommeil.

Ce que ça change dans la construction de votre boutique

Une fiche conforme n'est pas une question de rédaction, c'est une question de structure. Si le champ « description » est un texte libre, la première personne qui reprend le catalogue réécrira « aide à dormir ». Les boutiques que nous livrons verrouillent ça à la source : des champs structurés (taux de CBD, taux de THC, variété, méthode, arômes, COA obligatoire en pièce jointe du lot), un modèle de fiche par catégorie qui n'a pas de place pour une promesse, et une liste de termes bloqués à la saisie — « dormir », « douleur », « stress », « anxiété », « guérir », « soigner », « traiter » et leurs dérivés. La boutique CBD conforme à 1 990 € livre ce socle avec la vérification d'âge et le paiement compatible ; le SEO d'une boutique CBD se construit ensuite sur ces fiches, pas contre elles.

En résumé

Aucune allégation de santé n'est autorisée pour le CBD, sous aucune formulation. Chaque catégorie autorisée a son texte : arrêté THC pour les fleurs, Code de la santé publique pour les e-liquides, règlements cosmétiques pour baumes et huiles topiques. Une fiche conforme décrit le produit — taux, origine, composition, analyse — et ne prescrit ni effet ni mode de consommation. Les avis mis en avant sont votre communication. Et la conformité se construit dans la structure de la fiche, pas dans la relecture.

Sources : Code de la santé publique, art. L5111-1 et L3513-4 · Code de la consommation, art. L121-2 · règlement (CE) 1924/2006 sur les allégations nutritionnelles et de santé · règlement (CE) 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques · règlement (UE) 655/2013 sur les critères communs des allégations cosmétiques · arrêté du 30 décembre 2021 (chanvre, THC ≤ 0,3 %) · doctrine DGAL du 15 avril 2026, applicable au 15 mai 2026. Article à jour au 6 septembre 2026 ; il présente l'état du droit à cette date et ne constitue pas un conseil juridique.

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Questions fréquentes

Peut-on écrire « relaxant » ou « apaisant » sur une fiche produit CBD ?
Sur un cosmétique, « apaisant » décrit un effet sur la peau et relève du règlement cosmétique : acceptable si vous pouvez le justifier. Sur une fleur, une résine ou un e-liquide, « relaxant » décrit un effet sur l'organisme : c'est une allégation de santé, interdite. La DGCCRF traite « peut contribuer à la relaxation » exactement comme « soulage le stress ».
Quelles mentions sont obligatoires sur une fiche produit CBD ?
Le prix TTC, la quantité, la composition, l'identité du vendeur et les informations précontractuelles du Code de la consommation, comme pour tout produit. S'y ajoutent les mentions attendues par les contrôleurs sur le CBD : taux de CBD et de THC (≤ 0,3 %), certificat d'analyse accessible, origine de la variété, et pour les cosmétiques la liste INCI, la durée d'utilisation et le responsable de la mise sur le marché.
Un avis client qui dit « ça a guéri mes insomnies » pose-t-il problème ?
Oui, dès que vous le mettez en avant. Un témoignage sélectionné et affiché sur la fiche est une communication commerciale : l'allégation devient la vôtre. Modérez les avis qui contiennent un effet de santé, ou affichez-les sans sélection éditoriale avec une mention claire qu'ils n'engagent que leur auteur — et même dans ce cas, ne les remontez jamais en tête.
Peut-on indiquer « à fumer » ou « à infuser » sur une fleur de CBD ?
« À infuser » : non, depuis le 15 mai 2026 les infusions de sommités florales sont des denrées interdites. « À fumer » : la mention vous expose au droit des produits à fumer et à la publicité interdite sur ces produits. La pratique du marché est de ne prescrire aucun mode de consommation et de décrire le produit : variété, taux, arômes, méthode de culture.
Quel risque en cas de contrôle ?
Une allégation thérapeutique fait basculer le produit en médicament par présentation (article L5111-1 du Code de la santé publique) : c'est de l'exercice illégal de la pharmacie, cumulé à une pratique commerciale trompeuse. En pratique, le premier contrôle DGCCRF aboutit le plus souvent à une injonction de mise en conformité ; les sanctions pénales visent ceux qui persistent ou qui vendaient des produits interdits.

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